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Jusqu'à il y a très peu de temps, personne n'aurait pensé qu'il puisse être utile de protéger ce qui fait l'individu en son sein, son ADN. Alors que depuis les années 60, le clonage humain est considéré comme une possibilité par le milieu scientifique, les récents progrès des biotechnologies laissent entrevoir à court terme sa réalisation pratique. Ainsi, étant donné qu'une seule cellule de n'importe quel individu suffit, que se passerait-il si l'on venait à voler le code génétique d'une personne afin de la cloner ? Il semblerait que deux américains puissent apporter une solution aux personnes soucieuses de l'utilisation qui pourrait être faite de leurs gènes En partant du principe que le code génétique d'un individu lui appartient au même titre qu'une œuvre littéraire dont il serait l'auteur, ils proposent en effet à qui en fera la demande de lui délivrer un certificat de Copyright concernant son ADN ! La société DNA Copyright Institute (Institut du Copyright de l'ADN) basée à San Francisco et dirigée par André Crump, s'appuie sur les lois existantes en matière de Copyright et notamment sur l'Act 17 de l'United States Copyright Service qui "étend la protection droits d'auteur a tout support d'expression, connu ou à venir, au travers duquel ils pourraient faire l'objet d'une utilisation ou d'une reproduction". Leur offre de service revient donc à garantir l'ensemble des utilisations qui pourraient être faites du code génétique de leurs clients à leur insu, à savoir "la réplication sous forme imprimée, électronique, photographique ou biologique". Leur charte expose en effet clairement leur objectif : "qu'aucune personne ne doit être clonée contre sa volonté [...] ou son code génétique être utilisé sans l'autorisation expresse de son propriétaire", une proposition somme tout logique... Mais il semblerait que cette logique ne s'applique qu'à des personnalités importantes comme des acteurs, des tops models, des sportifs, des musiciens ou des scientifiques, qui sont apparemment les seuls à pouvoir être visés par un éventuel "vol génétique". En effet, pour une extraction de votre emprunte génétique réalisée à partir d'un simple frottis visant à récupérer quelques cellules à l'intérieur de votre joue, comptez 1500 $US (coût réel : environ 750 $US), auxquels s'ajoutent les frais relatifs au dépôt du copyright auprès du très officiel Bureau Américain du Copyright, à condition que celui-ci accepte cette idée de "propriété génétique" et qu'il soit en mesure de l'appliquer, ce qui pour l'instant d'un côté comme de l'autre semble bien loin d'être acquis... Régis Philippe |
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