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Astre au logis
2/1 - Planisphère du ciel

Pour cartographier le ciel il a suffi de respecter les règles précédemment énoncées, tout en ayant beaucoup de patience et un bon télescope, avec une bonne monture, très bien calée équatorialement. Nous parlerons de ce calage au chapitre de la mise en station.

Primordiaux aussi étaient la précision des verniers d'ascension droite et de déclinaison. Nos télescopes amateurs sont généralement gradués en degrés et en heures + fractions de cinq minutes.

Pour la cartographie il a fallu être beaucoup plus précis, ce qui a nécessité de recourir à des verniers longitudinaux : style "pied à coulisse", ou à des verniers tambour, style palmer. Aujourd'hui les viseurs optiques et lasers peuvent donner des résultats d'une grande précision, très inférieurs à la seconde d'arc, qui permettent d'apprécier, entre autres, associés à d'autres méthodes d'évaluation des distances, les dimensions des galaxies.

Amateurs, nous n'avons pas besoin de ces précisions ; nous ne jouons pas dans la cour des grands ; par contre, si nous n'avons rien à faire de la seconde d'arc, la minute commence à nous intéresser, et encore plus le demi degré. Un demi degré, c'est la dimension angulaire du soleil, ou de la lune. En réalité ces deux astres mesurent 32', ce qui est une coïncidence fabuleuse, car, bien que de dimensions réelles disproportionnées : 1.390.000 Km de diamètre pour le soleil contre 3476 Km pour la lune, les distances : 149.500.000 Km pour le soleil, contre 353.680 Km pour la lune, font que leur diamètre visuel apparent est identique.

Nous n'en sommes pas encore au paragraphe des astres errants ; si je vous ai parlé de ces deux là, c'est pour vous donner des repères dimensionnels : dans le ciel, c'est approximativement deux diamètres solaire ou lunaire. Mais, me direz vous, ces deux astres changent de diamètres ! Vous avez un peu raison pour la lune, il existe une table de corrections ; toutefois ce n'est pas énorme, l'illusion est principalement due aux phénomènes de réfraction lorsque la lune, et le soleil, sont bas sur l'horizon ; vous constaterez par vous-même que, si une légère couche nuageuse voile le ciel et fait filtre, le soleil reprend son véritable diamètre.

Une autre dimension à retenir : le quart de Rhumb (2°48'), que l'on peut apprécier avec la largeur du pouce, bras tendu. Quant au Rhumb, 11°15', il s'apprécie avec la largeur du poing, pouce rentré, articulation saillante, bras tendu. Il y en a 8 dans un angle droit (90°), qu'on additionne par rotations du poignet, en décalant chaque fois de la longueur masquée.

Ces repères peuvent vous être utiles, l'ennemi de l'astronome, c'est la lumière, l'œil met longtemps à s'adapter aux variations de luminosité. Employer des jalons, qui permettent de ne pas y avoir forcément recours pour repérer un objet, donne plus de confort.

Mais revenons à notre cartographie ; à partir du moment où on a disposé d'un instrument assez précis, cartographier le ciel est devenu un jeu d'enfant ; une sorte de "bataille navale".
Exemple : dans constellation du Lion, étoile Régulus, ascension droite lue après centrage dans le collimateur : 10HO8'4, déclinaison droite lue après centrage dans le collimateur : + 11°58'

Je serais tenté de répondre coulé ; mais soyons sérieux, sur la grille dressée à cet effet, portant en abscisses les parallèles et en ordonnées les graduations horaires, il ne reste plus qu'à noter le point et la nature de l'objet. Plus le télescope est puissant, plus on peut répertorier d'objets et les définir avec précision. C'est le travail des professionnels ; pour nous, amateurs, l'intérêt c'est d'exploiter ces cartes pour en tirer le meilleur à partir de l'appareil dont nous disposons.

Il nous faut une bonne carte des constellations pour savoir les situer ; il nous faut aussi une carte de détail de chaque constellation pour savoir y déceler les objets les plus intéressants résolubles à partir du matériel dont nous disposons. A défaut d'avoir ces cartes de détails, je vous conseille d'utiliser les tableaux de coordonnées que vous trouverez dans cet ouvrage.

A partir de là nous pouvons commencer une recherche sérieuse, et voir parfois des choses peu décrites ou peu photographiées. Vous serez peut-être vous-même étonnés de voir des objets avec plus de précisions et de détails que sur des photos réputées spectaculaires, et ce, même avec des télescopes de grossissement modeste ; ce sera d'ailleurs peut-être là le secret de votre réussite.

Pour savoir d'entrée quelle région du ciel vous aller pouvoir visionner, il existe des planisphères du ciel très pratiques. Ils se composent de deux disques photolumineux et, au prix d'un seul réglage, ils vous montrent dans une fenêtre ovale, l'image du ciel que vous allez pouvoir observer. Il n'y a rien de magique dans tout cela, ces planisphères ne font que reprendre les lois que nous avons déjà évoquées ; nous allons étudier leur fonctionnement ensemble, vous allez pouvoir le vérifier.

Le grand disque comporte, à l'extérieur, une échelle horaire, divisée en 24 Heures, c'est l'échelle des ascensions droites, c'est à dire l'échelle de position des constellations par rapport au point vernal. Vous remarquerez que son zéro se trouve maintenant dans les Poissons, autrefois il était dans le Bélier ; ce changement est dû à la précession des équinoxes.

Les astrologues, qui eux voient l'avenir dans les astres, ont gardé le Bélier comme référence, s'ils ne tiennent pas compte de ce changement leurs prédictions sont assez contestables !?. A l'échelle extérieure sont accolés les 12 secteurs du Zodiaque qui couvrent chacun 30° ; leur intérêt est assez secondaire, sauf pour situer approximativement les constellations qu'ils désignent.

Vient ensuite l'échelle des mois, elle aussi solidaire des deux échelles précédentes et calée sur le point vernal, qui est coupé le jour de l'équinoxe de printemps, c'est à dire le 21 mars. L'échelle des mois comporte 365 graduations réparties par 30 et 31jours, le mois de février est affecté de 28jours. Tout l'intérieur du grand disque cartographie les constellations du pôle Nord jusqu'à une déclinaison sud, (latitude terrestre Sud), de 30°.

Enfin un cercle excentré représente l'écliptique, il est censé indiquer le déplacement apparent du soleil entre les étoiles tout au long de l'année, (déplacement effectivement apparent car c'est la terre qui, en tournant autour du soleil, donne l'impression que c'est celui-ci qui se déplace par rapport aux autres astres). On peut reprocher le manque de précision sur certains modèles de planisphères ; en effet l'écliptique ne se déplace que de 23°26' Nord à 23°26' Sud, alors que, pour le modèle que j'utilise, je relève ces déplacements entre 26° Nord et 28° Sud. Nous sommes dans "l'a peu près", répétons le, l'outil a été conçu pour permettre l'identification des constellations (faire plus précis eut été cependant aussi simple).

Le petit disque, tournant, comporte lui aussi une graduation horaire, c'est le disque de l'heure solaire, vous y rechercherez l'heure à laquelle vous voulez observer le ciel (n'oubliez pas de retrancher 1H ou 2H à l'heure locale selon que vous êtes en heure d'hiver ou en heure d'été). Ce disque comporte aussi la fenêtre ovale coupée symétriquement par une ligne d'alignement Nord-Sud. Une courbe zénithale située vers 43° Nord indique la latitude qui a servi de référence et donne, à ses extrémités, les directions de l'ouest et de l'est. Enfin une réglette, elle aussi mobile, donne les déclinaisons Nord et Sud. L'utilisation est fort simple : il suffit de présenter l'heure solaire de l'observation, (petit disque), en face du jour et mois de l'observation (grand disque), pour obtenir instantanément, dans la fenêtre, l'image du ciel que vous allez pouvoir observer.

Vous venez de caler la seconde phase du mouvement universel, c'est à dire que vous avez arrêté le mouvement de rotation de la terre au jour et à l'heure où vous allez observer. Quant à la première phase, vous l'avez réalisée sans vous en apercevoir. En effet, le simple fait de choisir la date vous a fait tenir compte du décalage des sphères terrestre et céleste puisque les deux secteurs gradués, date et ascension droite, sont fixes entre eux et calés au point vernal d'origine.

Ainsi, si vous êtes le 20 juin, il s'est écoulé 91 jours de déphasage entre la sphère céleste et la sphère terrestre depuis leur initialisation au point vernal, c'est à dire le 21 mars à 0 heure ils se répartissent comme suit :
- 10 jours en mars
- 30 jours en avril
- 31 jours en mai
- 19 jours en juin
(le 20ème ne sera pris en compte que partiellement en fonction de l'heure d'observation).

Ces 90 jours représentent un décalage de : 360° x 90 / 365,25 jours = 90 ° env. correspondant à 1H x 90° / 15°2'30" = 5h 59 Mn d'ascension droite env.

C'est à partir de cette heure d'ascension droite que vous avez ajouté votre heure d'observation. Ainsi, si vous observez à 22 heures solaires, l'ascension droite de votre ciel sera de 5 H 59 min + 22 heures = 3 H 59 min. (Si vous aviez pu observer les astres ce 20 juin à 17h 59 Mn, vous auriez constaté que votre ciel visible était rigoureusement le même que le 21 mars à 0 Heure ; d'ailleurs vous pouvez le vérifier avec le planisphère puisque vous faites les deux lectures sans bouger la position des disques entre eux).

Tout le ciel apparaissant dans la fenêtre ovale peut être observé si le temps le permet. L'ascension droite d'une étoile observable peut alors être lue directement sur l'échelle extérieure, grâce à l'index dont on fait passer la ligne de foi par son centre. Sa déclinaison est obtenue directement sur l'index grâce aux graduations de la ligne de foi.
Exemple : dans l'Aigle, Altaïr A.D. 19 H 37 D. 9°N, dans le Bouvier, Arcturus A.D. 14 H 15 D. 19°N

Il n'est pas prévu de tenir compte de la longitude ; le planisphère donne une indication générale pour toute la France, il en résulte une erreur maximum de 4°46' dans l'Est, si vous êtes à l'extrême Ouest par rapport au méridien de Greenwich, et 7°45' dans l'Ouest, si vous êtes à Strasbourg. En quelque sorte, c'est une erreur de parallaxe ; un peu comme si vous regardiez l'aiguille d'un pèse-personne sur le côté pour vous donner bonne conscience (l'astuce peut vous faire gagner 1 Kg).

L'image sera quand même voisine de celle du ciel ; pour les pré-réglages de votre télescope l'approche est suffisante. On verra que pour les déclinaisons, il est nécessaire d'être plus précis. De ce côté la réglette mobile vous permettra de les relever au degré près. (sauf erreurs dans la reproduction du planisphère, il y en quelques unes !?)

Enfin, n'oubliez pas que le planisphère se regarde en l'air, comme le ciel, et que vous devez aligner les axes Nord Sud céleste et terrestre pour voir réellement l'image suggérée par la fenêtre lumineuse.


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